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© Joanna Kustra

CENTRE D’APPRENTISSAGE CALIBRITE | PAR ALAN SHAPIRO

Votre ColorChecker Passport n’est pas un accessoire de décor

Vous l’avez acheté. Il reste dans votre sac. Et, si vous êtes honnête, vous ne le sortez peut-être que deux fois par an.
C’est terminé.

Car voici ce qui distingue un perfectionniste de la couleur des autres : il ne travaille pas au hasard. Il n’espère pas que le blanc paraîtra blanc. Il ne passe pas 45 minutes dans Lightroom à tenter de corriger une dominante colorée qu’il aurait pu éliminer en 30 secondes lors de la prise de vue. Il part d’une base fiable et connue, puis prend ses décisions créatives à partir de celle-ci.

Votre ColorChecker Passport Photo 2 comporte quatre cibles. Chacune a un rôle précis. Apprenez à les connaître.

La ColorChecker Classic 24 patchs

Quand : lorsque vous devez créer un profil d’appareil photo personnalisé. Et chaque fois que vous changez d’objectif.

Pourquoi est-ce important : chaque boîtier interprète les couleurs légèrement différemment. Il en va de même pour chaque objectif. Lorsque vous changez d’optique en cours de séance, vous modifiez le système optique et donc la manière dont la lumière atteint votre capteur. Un profil créé avec votre 85 mm ne représente pas totalement le rendu de votre 35 mm. Un perfectionniste de la couleur en tient compte.

La méthode : photographiez la charte, traitez-la avec Calibrite PROFILER ou le plug-in Lightroom, puis créez un profil personnalisé pour cette combinaison spécifique d’appareil photo, d’objectif et de conditions d’éclairage. Ce profil est ensuite enregistré dans Lightroom et prêt à être appliqué dès l’importation. Réglez ensuite une balance des blancs personnalisée en sélectionnant l’un des patchs gris neutres de la charte, généralement le patch gris à 18 %. Une fois le profil personnalisé et la balance des blancs appliqués, synchronisez ces réglages sur toutes les images prises dans les mêmes conditions d’éclairage. C’est tout.

Vous n’avez pas besoin de créer un nouveau profil à chaque séance. Il vous en faut un pour chaque boîtier, chaque objectif et chaque grande catégorie d’éclairage : lumière du jour, tungstène et flash. Constituez votre bibliothèque une fois, puis fiez-vous-y.

Il faut toutefois rappeler un point essentiel : tout cela ne fonctionne que si votre écran a été calibré et que vous utilisez un profil d’affichage personnalisé. Si votre écran vous induit en erreur, toutes les décisions que vous prendrez reposeront sur une mauvaise base. Commencez par calibrer votre écran. Cette étape n’est pas facultative. C’est le point de départ indispensable de toute la chaîne.

C’est là que les perfectionnistes de la couleur accomplissent leur travail le plus important, avant même d’ouvrir une seule image.

La cible de balance des blancs

Quand : chaque fois que votre éclairage change. Nouveau lieu. Nouveau moment de la journée. Passage de la lumière d’une fenêtre à un flash. Déplacement en intérieur. À chaque changement.

Pourquoi est-ce important : une seule photo nette de cette carte sous votre source lumineuse vous fournit une référence neutre pour toutes les images prises sous ce même éclairage. En postproduction, un clic avec la pipette permet de synchroniser la correction sur toute la série. Vous n’avez plus à chercher un élément neutre dans chaque image ni à vous demander si cette chemise blanche est réellement blanche.

La règle : la carte doit être placée sous le même éclairage que votre sujet. La mesurer à l’ombre alors que votre sujet se trouve en plein soleil ne vous apportera rien. Placez-la là où se trouve réellement la lumière.

La cible grise à 18 %

Quand : chaque fois que vous avez besoin d’une mesure objective de l’exposition : contre-jour délicat, sources lumineuses mixtes ou longues séances nécessitant une parfaite régularité.

Pourquoi est-ce important : le posemètre de votre appareil peut facilement être trompé. Un arrière-plan lumineux, une veste sombre, un visage à contre-jour : il tente de composer avec tous ces éléments. La carte grise, elle, ne négocie pas. Elle vous fournit un point de référence fixe et connu qui n’est pas influencé par le contexte.

En postproduction, elle vous permet de détecter les dominantes colorées. Si ce patch gris n’apparaît pas neutre, c’est que quelque chose ne va pas, et vous savez exactement quoi corriger. C’est particulièrement utile lorsque vous mélangez plusieurs sources lumineuses ou travaillez sous des éclairages auxquels vous ne faites pas entièrement confiance.

Pour les prises de vue contrôlées, comme les natures mortes, la photographie de table ou les fleurs, c’est une vérification de 30 secondes qui vous fera réellement gagner du temps par la suite.

La cible d’amélioration créative

Quand : en postproduction, comme référence d’étalonnage pour toute séance que vous retouchez avec une intention précise.
Pourquoi est-ce important : cette cible ne sert pas à obtenir une restitution fidèle. Elle vous permet de garder le contrôle.

Les patchs de réchauffement et de refroidissement vous offrent une référence connue lorsque vous ajustez la balance des blancs de manière créative. Au lieu de vous demander si un portrait paraît suffisamment chaleureux, vous pouvez observer le résultat d’un réchauffement maîtrisé par rapport à une référence, puis accentuer ou réduire l’effet de façon intentionnelle plutôt qu’instinctive. C’est ce qui distingue une véritable décision créative d’un simple déplacement de curseur jusqu’à obtenir un résultat qui semble acceptable.

Les patchs d’écrêtage situés en bas vous permettent de contrôler les hautes lumières et les ombres. Avant de boucher les noirs ou de brûler les blancs pour créer un effet, observez ces patchs. Identifiez ce que vous perdez à chaque diaphragme. Faites ce choix délibérément.

La rangée de teintes située en haut fait office de système d’alerte. Lorsque quelque chose vous semble anormal sans que vous puissiez précisément l’identifier, comme une légère dérive chromatique affectant plusieurs teintes, ces patchs vous donnent une référence à laquelle comparer votre image. Vous cessez de deviner. Vous commencez à voir.

La vérité

La plupart des photographes utilisent occasionnellement la carte de balance des blancs, créent un seul profil avant de l’oublier et ne se servent jamais de la cible d’amélioration créative. À chaque séance, ils renoncent ainsi à une partie de leur contrôle créatif.

Un perfectionniste de la couleur ne renonce jamais au contrôle.

Savez-vous ce qu’il possède que les photographes occasionnels n’ont pas ? Une base solide. Des couleurs précises dès le départ rendent chaque décision créative prise lors de la retouche intentionnelle, plutôt que destinée à corriger un problème survenu à la prise de vue. Vous ne réparez pas. Vous construisez.

Voilà toute la différence. Et désormais, vous avez les outils nécessaires.

COLOR PERFECTIONISTS, UNISSEZ-VOUS.

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